Le moment des devoirs peut rapidement devenir une source de tensions, aussi bien pour l'enfant que pour l'adulte qui l'accompagne. Les parents peuvent régulièrement se poser des questions telles que :
• Pourquoi mon enfant repousse-t-il sans cesse le moment de se mettre au travail ?
• Je l'encourage pourtant chaque jour, mais il semble de moins en moins motivé. Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ?
• Comment l'aider à trouver du plaisir et du sens dans ses apprentissages ?
Heureusement, la motivation n'est pas une qualité figée : elle peut se développer. Comprendre ce qu'elle est et comment elle fonctionne permet à l'adulte d'adopter les bons gestes et les bons mots pour la nourrir au quotidien.
Qu'est-ce que la motivation ?
La motivation est « l'élément stimulant qui incite à l'action et qui rend cette action passionnante ». Le terme vient du latin « movere », qui signifie « mouvoir ». C'est donc ce dont nous avons besoin pour nous mettre en mouvement et faire évoluer une situation.
Les différents degrés de motivation chez l'enfant
1. La motivation intrinsèque. L'enfant ou l'adolescent fait ses devoirs parce que cela lui fait plaisir ou parce qu'il en retire une satisfaction personnelle.
2. La motivation extrinsèque à régulation identifiée. L'enfant ou l'adolescent fait un lien direct entre ses devoirs et ses projets futurs, qu'ils soient personnels ou professionnels.
3. La motivation extrinsèque à régulation introjectée. L'enfant ou l'adolescent fait ses devoirs parce qu'il ressentirait de la culpabilité ou une forte pression s'il ne les faisait pas.
4. La motivation extrinsèque à régulation externe. L'enfant ou l'adolescent agit sous le contrôle de sources extérieures : récompenses matérielles, punitions ou contraintes.
5. L'amotivation. L'enfant ou l'adolescent n'a aucune motivation. Il ne fait ni ses devoirs ni ses révisions.
Les motivations autodéterminées, celles à développer
La motivation intrinsèque correspond au degré le plus élevé. Elle reste toutefois très proche de la motivation extrinsèque à régulation identifiée. Ces deux formes de motivation ont un point commun : elles placent l'enfant au cœur du projet en le rendant actif. On les regroupe sous l'expression « motivations autodéterminées ». Ce sont elles qu'il faut chercher à développer chez l'enfant.
La motivation autodéterminée n'est pas seulement plus efficace, elle est aussi au cœur de l'épanouissement de l'enfant. De nombreuses recherches menées en milieu scolaire montrent ses effets positifs : l'élève gagne en attention, en mémoire et en compréhension. Il a une meilleure estime de lui-même, ressent davantage d'émotions positives et voit son anxiété diminuer. Les enfants travaillent mieux, et leurs résultats scolaires s'en ressentent.
Les phrases à éviter
Les phrases qui démotivent
• « Il faut que tu fasses tes devoirs ! »
• « Sois concentré et rapide ! »
• « Tu dois mieux faire tes devoirs ! »
• « Tu es bête de faire comme ça ! »
• « Réfléchis un peu ! »
Ces phrases ont des effets bien différents de ceux espérés :
1. Les phrases qui imposent une contrainte. Elles mettent l'enfant sous pression et sous stress. Il risque alors de se retrouver incapable de faire ses devoirs, par peur de ne pas être à la hauteur ou par peur de l'échec.
2. Les phrases autoritaires. Elles enlèvent à l'enfant la motivation qu'il avait, ou qu'il aurait pu avoir, au moment de faire ses devoirs.
3. Les phrases qui rabaissent. Elles provoquent un mal-être chez l'enfant plutôt que de l'aider à croire en lui et en ce qu'il apprend. Dire à un enfant qu'il est bête revient à lui dire qu'il manque d'intelligence, alors qu'il manque simplement de connaissances. Le mieux est de ne pas commenter sa question et de lui apporter la réponse la plus claire possible, afin de nourrir son envie de continuer à apprendre.
Les phrases trompeuses
Certaines phrases semblent positives, mais peuvent en réalité démotiver l'enfant. C'est le cas de « C'est facile, tu vas voir ». Censée rassurer, cette phrase est en fait source d'anxiété et fragilise son sentiment de compétence. S'il n'arrive pas rapidement à faire son devoir, il se sentira nul. Et s'il réussit, il n'en tirera aucune fierté, puisque « c'était facile ».
Un cadre qui structure le temps des devoirs reste important, à condition qu'il s'accompagne de bienveillance, d'écoute et de soutien.
Les éléments clés pour développer une motivation autodéterminée
Ce que l'adulte peut mettre en place:
1. Donner un but à l'enfant. Renforcer le lien avec lui à travers un objectif qui lui parle et qui enclenchera sa motivation : son rêve professionnel, son envie de montrer son devoir terminé à sa maîtresse, etc.
2. Trouver les bons mots. Les mots ont un réel pouvoir. Encourager son enfant, c'est d'abord choisir un vocabulaire adapté. Par exemple : « Génial ! Un devoir sur l'histoire de notre planète, j'adore ça ! » Vous montrez ainsi votre enthousiasme sans juger de la facilité ou de la difficulté du devoir.
3. Laisser l'enfant poser ses questions. Il est important qu'il se sente libre de questionner, plutôt que d'entendre que sa question est « bête ». S'il vous pose une question, c'est qu'une zone d'ombre subsiste pour lui. Répondez-y avec intérêt, afin que la question nourrisse son envie d'apprendre plutôt que sa peur.
4. Encourager son enfant. Comme la motivation, l'encouragement est une énergie dont chaque enfant a besoin avant de commencer un travail. Un enfant encouragé se dit : « Je peux le faire ! » Il va alors tout mettre en œuvre pour atteindre son objectif.
5. Être soi-même motivé. L'accompagnement des devoirs fonctionne mieux lorsque l'adulte y trouve lui-même du sens. S'il vous est difficile de vivre ce moment avec légèreté et motivation, vous pouvez faire appel à des enseignants d'appui, comme ceux d'Arpana, une entreprise qui accompagne scolairement les enfants et les adolescents grâce à des cours d'appui personnalisés : arpana-edu.ch/suivi-hebdo.
La motivation se développe dans une atmosphère bienveillante, encourageante, stimulante et intrigante. C'est elle qui permettra à votre enfant de mener ses devoirs jusqu'au bout.
Sources
Maciejak, Véronique, 1, 2, 3… Les devoirs ne sont plus un cauchemar ! Ni pour les enfants, ni pour les parents…, Eyrolles, coll. « Parents au top », p. 57 à 66.


